Mes poèmes

   

 

C'est juste pour l'amusement,
Et tant pis si la muse ment.

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Pour mémoire, quelques fantasmes qui ont fini par aboutir à l'ISBN 978-2-7543-0108-4 (voir ici)

NB Si vous ne connaissez pas le type de recherche suivi ci-après, voici quelques liens :
Omni texte, Oulipo, liste Oulipo de Nicolas Graner (retours d'ascenseur, ce sont ceux qui ont mis eux-mêmes des liens ici, prière de me signaler ceux qui m'auraient échappé).

Contraintes efforcées
(pièce en un acte, en alexandrins, en l'esprit de Georges Perec, et en .pdf)
30 août 2004 Version 2.1

Contraintes efforcées

C'est une mini-pièce de théâtre (510 alexandrins) où chaque personnage est limité dans son expression (si vous connaissez l'oeuvre de Georges Perec, vous comprendrez un peu plus vite). Ci-après quelques brefs extraits, dépareillés, mais on peut aussi télécharger l'ensemble en .pdf (33 pages).

Iago
Tu as trois fois raison, tu as vingt fois raison !
Oui ! Traquons ! Matraquons ! Grandis nous sortirons !
(...)

Lulu
Lama rebelle, ta rebelle lave nue
La mare belle, tare belle là venue.

Beckmesser
Je sens en ce désert des relents délétères,
Des décrets enterrés et des secrets sévères.
(...)

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Ballade en âge

Qui parla de droit de cuissage ?
Que laissa-t-il en héritage ?
Et qui ici serait plus sage ?
Qui aussi faible qu'un otage
N'ai jamais reçu en partage
Que disgrâce, rage, carnage,
Vieille terreur et sabotage !
La mort vient de la rime en âge.

Qui jamais comprit le message,
En son club ou son ermitage,
Qu'il entreprenne le dressage
De lui-même de stage en stage,
Et montant d'étage en étage,
Vêtu de soie ou de lainage,
Buvant du vin ou du potage,
La mort vient de la rime en âge.

Car à la fin plus de passage,
Plus d'étage ni de montage,
Plus d'image ni de corsage,
Plus de croisière sur le Tage,
Dernier cri ou dernier ratage,
Que l'on comprenne ou que l'on nage,
A Rome aussi bien qu'à Carthage,
La mort vient de la rime en âge.

Prince à l'aise dans ton cottage,
Ni abstention ni déminage
Ne te sauveront davantage.
La mort vient de la rime en âge.

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Dent dedans

Que Messieurs les préfets et les maires président,
Ce serait amusant, nous dit le président.
Que nos concitoyens dans la ville résident,
Quoi de plus naturel, quand on est résident.
Que nos heureux sculpteurs burinent et évident,
Telle est leur vocation, cela est évident.

Mais qu'ici les préfets, les maires me précèdent,
C'est un fait inoui, un fait sans précédent.

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Tôt le matin

Tôt le matin,
Saute la faim,
Mot de latin.
Ose, marin.
L'autre catin,
Zone, tapin.
Faune malin,
Chaud le lapin,
Chauffe la main,
Peau de satin,
Rose carmin,
Gros le câlin...
Sot de radin !
Pauvre gamin,
Ote ta main,
Gros le chagrin,
Cause la fin,
Tôt le matin.

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Quatrains palindromiques

Etna, hélas tué, mêla, leva l'amante !
L'Etna, Stromboli, tua. Fêté, vu, se vante
L'Etna. Vésuve, te faut-il, Ob mort, santé ?
L'Etna ! Ma lave là l'émeut ! Sale, hanté !

Leur crime, être violet, né, délai virtuel,
Bleu demain, rage. Nu. A jeuné, rituel
Bleu tiré. Nue. Jaune, garni, âme, duel
Bleu, trivial edenté, loi verte, émir cruel.

Emu, fort ému de ma râleuse, légume
Emu, serré, mal être ! Va ! Crue va l'écume.
Emu, ce laveur, ça, verte la mer résume.
Emu, gelé, sue ! La rame du métro fume.

Si, ris, O Horus, refusant. Oh ! tel Apis,
Si, si, Ra ! Ptah, ce laveur a là, Anubis
Si buna, à la rue va le chat, par Isis !
Si pâle, Thot, n’a su, fer sûr ! Oh ! Osiris !*

Et si la Romaine lésa cet étatiste ?
Et si tu l'as élue, sa messe fataliste ?
Et s'il a ta fesse, ma seule salutiste ?
Et si ta tête, case, le nia, moraliste ? *

Eh ! cafard, nèpe, là ! merde crue, va lécher !
Eh ! caca ! ténor ténu, luché et torché !
Eh ! Crotté ! Eh ! cul ! un étron, et à cacher !
Eh ! ce laveur, cèdre mâle, pendra fâché !*

Tue, velu ! Le lilas en rose versé meut !
Tue ! Même si ma selle, bête rire, peut,
Tue ! Périr ! Eté belle ! Sa mise m'émeut !
Tue mes rêves ! Orné, sali, l'élu le veut !*

Eh ! cafard, nèpe, là ! merde crue, va, léché !
Eh ! caca ! ténor ténu ! luché et torché !
Eh ! Crotté ! Eh cul ! un étron, et a caché !
Eh ! ce laveur, cèdre mâle, pendra fâché !*

Rue Paradis, sa pelade pendra, labeur.
Rue Pergolèse, lac à mage, doc, saveur.
Rue Vasco de Gama, ça lèse l'ogre, peur.
Rue Balard ne pédale pas, sida, rapeur.

Et si l'arène gêne, même pénaliste,
Et si pâle, déridé, le verre, ta liste,
Et si la terre vèle, dire de la piste,
Et si la nèpe me mène, généraliste.

Elle rame nue. Rêver ? elle sera pelle.
Elle bât, rime, l'âme seule, varicelle.
Elle cira, velue, sema l'émir, ta belle.
Elle pare, selle, révère une marelle.

Ni vide de ce drap otage, le surin,
Ni âme de Turc, erreur, laveur de marin,
Ni rame drue, val, ruer, recrute demain,
Ni ruse, legato par décédé divin.

Nos élèves, la mer, ton étage, ça, non !
Notable s'il a su, ver nu, être vairon,
Noria verte, un revu, sali, sel, bâton
Non à ce gâté, notre mal, sève, le son.

Rue pavée, s'il n'eut à être. Pâmée, rôdeur,
Rue lavée, tu bêlas, sac nu, rusée rumeur.
Rue murée sur un cas, sale butée, valeur.
Rue dorée, ma perte a tu, enlisée, vapeur.

Etoupe, révère, tâte l'état en note
Et ovale épaté, nu, nul, a lié rein, rote !
Et ornière il a l'un, une tapée. Là, vote !
Etonne, tâte l'état, rêve repu, ôte !

* se trouve dans Contraintes efforcées